Le traumatisme et sa mémoire

Que se passe-t-il dans le cerveau pour que, après avoir vécu un événement à fort impact émotionnel, on ne puisse plus s’en défaire ? 

Le rappel du souvenir traumatique emprunte des circuits cérébraux différents et plus complexes que ceux d’un souvenir non traumatique.

Du coup, comment se construit la mémoire ? La construction d’un souvenir « ordinaire » se fait grâce à la formation de nouvelles synapses (points de jonction entre les neurones). Toutes les modalités sensorielles (visuelles, olfactives, auditives, etc.) sont alors activées, si bien qu’une simple odeur pourra faire rejaillir le souvenir. Mais seule une partie de ces synapses sera conservée, le cerveau opérant une forme de sélection naturelle des souvenirs.
Le rappel d’un souvenir « simple » passe par une structure clé du cerveau appelée l’hippocampe, transite ensuite par l’amygdale, qui l’associe à une émotion particulière, puis par le thalamus.

Mais la recherche a maintenant déterminé que les autoroutes de la mémoire ne sont pas les mêmes lorsqu’il s’agit d’un souvenir traumatique ! En effet, la réactivation d’un souvenir douloureux et envahissant passe par le cortex préfrontal (qui contrôle les émotions), puis par l’amygdale et le thalamus, structure impliquée dans le transfert et le filtrage des informations sensitives et sensorielles.

Un souvenir traumatique est un souvenir spécialement saillant. Il se produit dans ce cas une sorte de codage excessif des souvenirs. Les circuits empruntés ne sont pas standards, ce qui expliquerait cet excès de mémoire.